Je vais faire un acte démocratique.
Je ne veux pas dire par là que je vais lancer une nouvelle idée web3.0 révolutionnaire qui va vous permettre non pas d’écrire à ma place, ce qui serait seulement faignant, mais vous permettre de me faire écrire ce que vous voulez. Ce serait de la vraie démocratie, ça non ? Surtout si vous en faites de même.
Imaginez. Allez un effort.
J’écris tout ce que vous voulez. En contrepartie, vous écrivez tout ce que je veux.
Non, ça c’est que megalo.
Non, j’écris tout ce que vous voulez, mais vous, vous écrivez tout ce que nous voulons, nous les autres qui ne sommes pas vous. C’est à dire que j’écris tout ce qu’on me demande, et vous écrivez, oui, vous, chacun d’entre vous, ce qu’on vous demande.
Normalement, au bout d’une phase de mise en oeuvre et de stabilisation, on peut supposer que tous les textes convergeront, puisqu’ils auront les mêmes auteurs. Pas tout de suite, non, il faudra un temps qui devrait être relativement rapide, je dirais quelques semaines.
Tant qu’à faire, j’ai oublié, mais vous me connaissez, que du premier jet, pas de rature (j’ai oublié aussi le tag de rature), mais pour être vraiment démocratique, il faut aussi que chacun écrive aussi ce qu’il se dicte lui même.
Donc tous les textes sont les mêmes. Donc c’est pas nécessaire de les garder tous. On les supprime tous sauf un.
Et pour faire propre, on lui met un nom d’auteur.
Fin de la première étape.
Deuxième étape, ce texte étant issu de tout le monde, il sera très intéressant. Vous me suivez ? Oui ? Et bien vous avez tord. Ce texte étant issu de tout le monde, il sera très chiant, rien ne s’en dégagera, tout sera sur le même plan, chaque chose et son contraire, s’annulant les unes les autres, bref, ce sera à proprement parler nul. Nul et très long.
Rapidement, personne ne le lira plus. Et ne le lisant plus, ne contribuera plus.
Fin du processus.
Plus de blog, plus d’internet, plus de pc, de mac et autres joyeusetés.
Fin des composants polluants et de l’électricité dépensée pour maintenir allumées des machines qui ne servent qu’à ça, consulter et alimenter des blogs.
Mon idée démocratique est en plus écologique.
Et accessoirement nataliste, que pensez vous qu’on fera de nos après midi de printemps ?
Le problème c’est que ce n’est pas ça mon idée démocratique. Rappelez vous le début de l’article. Vous n’y arrivez pas ? Je vous le remets. Entre guillemets. Mettre et remettre entre guillemets, c’est toujours bloguer.
“Je vais faire un acte démocratique.
Je ne veux pas dire par là que je vais lancer une nou…”
Vous voyez, ce n’est pas ça l’idée. C’est autre chose.
Ce matin, dans ma voiture, j’attendais. Quoi ? Ca ne vous regarde pas. Si. Bon, c’est vrai, je suis ici pour vous montrer mon cul, vous pour le regarder. Bon, allons-y, déballons le matos.
Je l’avoue. Ma vie professionnelle trépidante subit parfois quelques menues interruptions totalement dues à ma volonté. Et en ce moment le lundi matin, je fais accompagnateur de petits comiques à la piscine pour permettre aux instits de faire autre chose que la police. C’est très altruiste. Je consacre ainsi quelques heures dans l’année à une cause noble, l’éducation de nos chères têtes blondes (oui, on sélectionne quand même un peu, faudrait pas que n’importe qui baigne dans la même eau que le fruit de nos entrailles).
Je sacrifie ainsi un peu de ma pourtant brillante carrière intercontinentale pour sauver d’une noyade certaine des enfants qui ont la malchance de vivre près de la mer et donc seront les premiers touchés lors de la montée des eaux, consécutive à la fonte des glaces, consécutive au réchauffement de la planète, consécutif au trou de mon, heu non, au trou de la couche d’ozone, consécutif au dégagement de je sais plus quel gaz, consécutif aux 4×4, consécutifs à je sais pas encore quoi, mais il doit surement y avoir une raison, une bonne raison, je sais pas, moi, l’instabilité congénitale des 3×3, ou le surcoût prohibitif des 13×13 ?
J’ai ainsi eu l’immense joie de voir arriver sous la douche un gamin, en maillot de bain, ce qui dénote un sens pratique assez poussé, mais aussi en chemise et en pull, ce qui dénote un sens de l’économie de chauffage assez écologique. J’ai eu aussi la joie de l’entendre dire “Ha, ben j’ai oublié mon pull, hi, hi, hi. Ha, ben ma chemise aussi.” Ce qui dénote un sens de l’observation et un sens de l’humour fort aiguisés.
Mais là n’est pas le sujet.
J’étais dans ma voiture, et j’attendais l’arrivée de ces charmants bambins avec leur charmant autocar et leurs charmantes instites. J’étais sur un charmant parking, au bord d’une charmante plage, entourée de rochers charmants supposés roses. Oui, chez nous les piscines sont près de la mer. Comme ça on se baigne en eau chaude en regardant la mer froide. Et les touristes gelés.
J’arrivais en fin de mon chapître, et plutôt que d’en commencer un autre, je décidais de prendre quelques notes pour l’article de blog que je comptais écrire dans la journée. Et puis prout, je passe au présent, je sais pas ce qui m’a pris de pêter de l’imparfait, moi qui le suis. Parfait. Parfaitement.
C’est une décision, totalement révocable d’un moment à l’autre, que j’ai prise. Un carnet, un stylo, et des notes. Comme ça je marque des trucs et paf, je ponds.
Le problème c’est que j’ai pris quelques notes. Pas énormément. De quoi faire, a priori, vu de loin, sans les mains, deux ou trois articles.
Et que ceci est le premier de la série. Et que ça commence par “Je vais faire un acte démocratique.” Et la suite après est très bien logique et tout. Mais comme d’habitude j’ai dévié. Et j’ai toujours pas commencé mon article. Et en écrivant ma déviation, j’en ai trouvé une autre de déviation. Que peut-être je vous ferais tout à l’heure si je suis sage.
Alors l’article des notes, il est pas encore fait. Pas du tout.